Focus sur Philippe et Pierre Durand, tous les deux arbitres au LOU Rugby

BONJOUR PHILIPPE ET PIERRE, POUVEZ-VOUS VOUS PRESENTER ?

Philippe : Je m’appelle Philippe Durand, j’ai 54 ans.
Je suis au LOU depuis 2010, où j’ai été éducateur à l’école de rugby. Auparavant, j’ai joué en Fédéral 3 dans le comité d’Auvergne avant une mutation à Lyon en 2006. J’étais, à ce moment-là, entraineur brevet fédéral en U18 et à ce titre LCA (licencié capacitaire en arbitrage). En l’absence d’arbitre désigné, j’ai déjà assuré l’arbitrage de matchs en U18 et en réserve de Fédéral 3 pour mon club.

Depuis 2016, je suis arbitre au club et aujourd’hui, je suis arbitre territorial. 

Pierre : Je m’appelle Pierre Durand, j’ai 18 ans et je suis étudiant en première année en STAPS. 
J’ai rejoint le LOU en 2009 et j’ai arrêté de jouer en 2016 après une année en Gaudermen (U15). C’est donc ma quatrième saison en tant qu’arbitre, et je suis également un des formateurs de l’école d’arbitrage au sein du LOU.

COMMENT ÊTES-VOUS VENU  À L’ARBITRAGE ? ET EN EST-CE BENEFIQUE POUR VOUS ?

Philippe : Après avoir été joueur, entraineur puis éducateur, il ne manquait plus que les diplômes d’arbitres pour compléter mon parcours de rugbyman. Devant accompagner mon fils aux réunions de formation, j’ai décidé de me lancer dans l’arbitrage pour un nouveau défi : savoir qui sera le meilleur entre le père et le fils, le Saint-Esprit étant déjà hors course. 

Cela m’a permis de reprendre une activité physique régulière après plusieurs années de laisser aller, notamment lors de réceptions d’après match et de troisième mi-temps. Plus sérieusement, j’ai découvert un rôle souvent critiqué mais pour autant indispensable au bon déroulement d’un match tout en apportant mon expérience de joueur et d’entraineur.
Cette transmission de passion et de savoir être est un des piliers de notre sport, dont les valeurs sont souvent louées. 

Pierre : J’ai découvert l’arbitrage quand je jouais en U12, où l’on devait arbitrer pendants les tournois auxquels on participait.
En U14, les clubs avaient comme obligation lors des tournois de se présenter avec des arbitres ayant assisté à une journée de formation proposée par le comité.
J’ai donc arbitré en U14 sur les différents plateaux, encouragé par mes éducateurs.
Alors en U15, j’ai très peu joué et cela a été difficile car je devais attendre l’année suivante pour me lancer dans l’arbitrage. Je me suis raccroché aux cours de l’école d’arbitrage proposé par le club et pris mon mal en patience. Sur décision personnelle, j’ai choisi de pleinement me lancer dans l’arbitrage à 15 ans et depuis, je m’épanouis dans ce rôle et ne regrette pas mon choix car cela m’a permis de rester dans le club. 

L’arbitrage est bénéfique pour moi dans le sens où je suis exigeant avec moi-même sur mes prestations. Le fait d’avoir de bons retours de la part de mes collègues, des clubs où j’arbitre et de mes formateurs m’encourage à continuer à travailler et nourrit mes ambitions. 

PHILIPPE, PEUX-TU NOUS RACONTER TON PIRE SOUVENIR ET TON MEILLEUR SOUVENIR EN TANT QU’ARBITRE : 

Philippe : Mes pires souvenirs sont les bagarres et les mauvais gestes auxquels j’ai assisté sur un terrain de rugby. C’est ce genre de comportement qu’il faut bannir et systématiquement sanctionner pour le respect du jeu et avantager ceux qui ne pensent qu’à jouer à ce sport. 

Les remerciements en fin de match des joueurs, des capitaines, des entraineurs, des dirigeants et des spectateurs autour de la main courante constituent, pour moi, mes meilleurs souvenirs de l’arbitrage. En effet, un « bon arbitrage, Monsieur l’arbitre » valorise l’investissement personnel dans la fonction d’arbitre et suffit à nourrir mon plaisir d’arbitrer. 

QUELLES SONT VOS AMBITIONS POUR L’AVENIR ?

Philippe : L’âge limite étant de 55 ans, mes ambitions sont à très court terme puisque la saison prochaine sera ma dernière. Transmettre le respect du jeu et des adversaires restera une de mes priorités. Ensuite, à moyen terme, je resterai à disposition du club selon les différents besoins dans des fonctions de formateur, d’accompagnateur ou de référant auprès des plus jeunes, ainsi que bénévole pour l’association à la Bodega.

 

 

Pierre : Dans les 2 ou 3 prochaines années, je souhaite passer mon diplôme d’arbitre fédéral et commencer à arbitrer à l’échelle de la fédération, en jeune comme en adulte.
Mon objectif à long terme est d’atteindre le plus haut niveau possible en fonction de mes capacités, et ,peut-être un jour, accéder au rugby professionnel. Cela demande beaucoup de travail et de sacrifice, un engagement total, de la patience et de la passion. 

Quant au sein du club, l’objectif est d’améliorer la place de l’arbitre au sein de la structure, de former les jeunes du club qui deviendront de bons joueurs en connaissant mieux les règles ou même de futurs arbitres filles et garçons. 

 LA QUESTION DONT TOUT LE MONDE ATTEND LA REPONSE, QUI EST LE MEILLEUR ENTRE LE PERE ET LE FILS ?

Philippe : En condition physique, il va de soi que je ne peux pas rivaliser avec les plus jeunes. Cependant, aux différents examens théoriques passés au cours des 4 dernières années, j’ai obtenu de meilleurs résultats. Cela est certainement dû à l’expérience et à la sagesse. Pierre possède une meilleure connaissance théorique de la règle mais l’arbitrage, c’est un tout, un mix entre le savoir et l’expérience. Sur ce dernier domaine, j’ai encore une petite longueur d’avance.
Nos échanges mutuels sur nos matchs nous permettent ainsi à chacun de progresser et d’évoluer dans l’arbitrage.

En conclusion, arbitrer la règle ou le jeu, telle est la question. 

QUELS SONT LES AVANTAGES ET LES INCONVENIENTS D’AVOIR SON PERE COMME ARBITRE ?

Pierre : Il y a bien plus d’avantages que d’inconvénients. C’est mon père qui me conduit pour arbitrer et du coup on arbitre très souvent au même endroit : lui, les U16 et moi, les U18. On se donne beaucoup de conseils entre nous et c’est une aide précieuse d’avoir un autre arbitre pour avoir son avis. Son point de vue est assez intéressant parce qu’il a beaucoup d’expérience dans le monde du rugby.

Cependant, il y a aussi quelques inconvénients : comme on arbitre ensemble, les déplacements sont plutôt longs et les week-ends sont assez chargés entre l’arbitrage et la vie perso. On a aussi quelques désaccords. Nos plus grands désaccords sont lorsque, sur une action, nos points de vue divergent sur la faute à siffler, ou la couleur du carton. Mais bon, c’est enrichissant parce qu’aujourd’hui, l’arbitrage est une question d’interprétation dans certains cas et il es toujours important d’écouter différents avis pour prendre la meilleure décision possible.